Les routes de la Soie

20/07/2020


Bonjour à tous,

Aujourd'hui je voulais partager le résumé d'un magazine que je viens de terminer de lire qui s'intitule « La route de la soie ». C'est un sujet d'actualité dont nous entendons régulièrement parler, puisque que c'est l'ambition politique du président Xi Jinping depuis 2013 de réaliser le rêve chinois "zhongguo men » dont l'objectif consiste à placer la Chine au rang de première puissance mondiale pour l'année 2049, une date importante car elle représenterait l'année centenaire de la naissance de la République populaire de Chine. L'ambition de la Chine pour devenir une première puissance mondiale serait de redonner vie aux routes de la soie, qui existaient depuis l'Antiquité sous la dynastie Han et qui ont connu des périodes d'âges d'or comme sous les Han, les Tang, (les Sui pour le développement des routes maritimes méridionale), et les Qing, mais également des périodes de fermetures dû à des problèmes comme par exemple la peste bubonique sous les Yuan, à la peur des invasions barbares mongols sous la dynastie Ming, mais aussi avant que la Chine décide de se replier sur elle-même depuis la Guerre du Pacifique, bien qu'elle fut déjà fragilisé par le colonialisme et les traités inégaux. Les nouvelles routes de la soie proposés par Xi Jinping, mais dont l'idée avait déjà émergé depuis Deng Xiaoping n'est pas exempté de son lot de problèmes géopolitiques. Je vous propose de redécouvrir l'histoire et la naissance des routes de la soie, ses âges d'or, ses enjeux et ses déclins.

Il convient dans un premier temps de déterminer comment né le terme des routes de la soie ?

Le terme « Route de la soie » est un terme contemporain qui est né en 1877 par le géographe allemand Ferdinand von Richthofen (1833-1905), qui désigne les axes séculaires d'échanges commerciaux et de rencontre efficace entre les différentes civilisations comme l'Extrême Orient et l'Occident. Ces routes de la soie constituent des réseaux d'échanges. Bien que le terme ne soit pas si vieux, les axes eux sont beaucoup plus ancien et remontent à l'époque des Han qui ont régné sur la Chine de 206 av. J-C à 206 ap. J-C (bien qu'il y avait déjà des échanges limités en Asie avant cette date). L'essor de la dynastie, a permis la création et l'essor des routes de la soie. Avant l'arrivée de la dynastie des Han l'exportation et la commercialisation du textile de soie était interdit, afin de permettre à la Chine de conserver le monopole de la fabrication de la soie qui lui donnait l'avantage de pouvoir utiliser la soie comme monnaie d'échange afin de pouvoir acheter des alliances avec les puissants peuples nomades des steppes ou d'acquérir épices, thé, pierres et métaux précieux. Mais sa commercialisation permettra à la Chine de connaître un essor commercial de la production de soie et son exportation permettra le développement des routes de la soie. La création des routes de la soie coïncide avec la production de la soie et du textile apparu il y a plus de 4 700 ans, à l'époque du néolithique, où grâce à la sériciculture, qui est l'élevage du ver à soie, permettant à la Chine, lors de son unification par la dynastie Han, de contrôler les techniques d'élevages du ver à soie et de développer des usines de textiles. Les circuits commerciaux se sont développés en Europe, autour de la Méditerranée, au Proche et Moyen Orient : chez les perses en Irak, chez les romains, cher les parthes, chez les sassanides, les byzantins, les mongols, les arabo-musulmans, les indiens et les turcs. Ces circuits des routes de la soie sont des routes principalement terrestres mais également maritimes qui deviennent de plus en plus avancées grâce aux progrès technologiques et qui vont permettre la mise en place de la route des épices. Les routes maritimes sont parfois plus rapides et plus sûrs et permettent de transporter des quantités de marchandises plus importantes. Ces routes terrestres et maritimes se sont diversifiées au fil des siècles permettant de mettre en contact l'Asie avec l'Europe, grâce à des échanges de marchandises de luxe : la soie, les pierres précieuses, la porcelaine, les objets en laque, les épices, les métaux précieux, les mets de luxes, les chevaux, des animaux exotiques (lions, antilopes, chiens savants, autruches). Mais ces frontières ouvertes sont également des voies d'accès pour les armées, les conquêtes, les esclaves, pour l'exploitation et le vol des marchandises, des idées et des technologies de fabrication comme le papier et l'imprimerie, ou encore la diffusion et l'expansion des religions comme le bouddhisme, le christianisme et l'islam. A cela peut également s'ajouter des chinois qui ont fui leur pays et ont trouvés refuge dans un pays étranger en échange de leur savoir-faire, c'est ainsi que les Parthes ont pu bénéficier du savoir-faire de la Chine sur la fonte de fer, en offrant l'asile politique à artisan chinois. A l'inverse, il peut aussi y avoir des marchands étrangers qui sont entrer aux services des empereurs de Chine tel que Marco Polo, qui entrera au service de Kubïlai Khan, le petit-fils de Gengis Khan, ce qui nous montre aussi que les routes de la soie servaient également à entretenir des relations diplomatiques et de nouer des alliances militaires. Les routes de la soie sont empruntées par les ambassades pour se rendre auprès des cours des gouvernements régionaux afin de nouer des alliances caractérisées par des offrandes luxueuse. C'est ainsi qu'est créé une ambassade chinoise à la Cour de l'empereur Parthe (l'actuelle Irak) en 115 av. J-C, ainsi qu'une ambassade romaine à Chang'an en 166. Les Cours royales et impériales apprécient également la culture et le savoir et reçoivent des artistes, des philosophes, des mages et même des sportifs comme des acrobates afin de se divertir. C'est également par ses axes de communications qui a permis l'émergence de mode vestimentaires, des découvertes d'autres aliments, notamment les épices venus du Proche et du Moyen-Orient entre le 8e et le 10e siècle comme le poivre, la cannelle, la muscade, qui sont apprécié dans l'Empire chinois car elles ont des capacités culinaires appréciés et les prêtres leurs confèrent des vertus médicinales aux capacités conservatrices. En échange, les chinois exportent des soieries, du cuivre et de la porcelaine. Cela a été permis par la mise en contact de négociants chinois avec les marchands musulmans et islamiques. Puis, d'autres aliments sous les Qing comme la tomate, le maïs, le tabac, le sucre de canne, de l'Opium seront importé en Chine durant la colonisation.

Ensuite il convient de déterminer comment fut créé la soie, ce produit de luxe tant convoité ?

La soie est fabriquée à partir du cocon crée par le ver qui est appelé « bombyx mori », ou « bombyx du mûrier » (car le ver se développe sur des arbres de mûrier, en se nourrissant des feuilles qui leur donnera l'énergie nécessaire à la création de leur cocon). Ce ver a une espérance de vie de 4 à 6 jours, mais durant la très courte période de sa vie elle pond 500 œufs. D'après la légende une princesse impériale du nom de Si Ling Chi, un jour qu'elle buvait son thé sous un arbre de mûrier, un de ces cocon est tombé dans son thé. Elle s'aperçoit que le cocon se désagrégea en un fil blanc assez robuste qui pourrait être utilisé pour le tissage et elle encouragea ses sujets à élever des vers à soie et à inventé le métier à tisser. Impossible de savoir si cette légende est vrai, mais ce qui est vrai c'est que des fouilles archéologiques ont démontrées que la fabrication de la soie date bien de la période néolithique, car près de Hangzhou fut découvert un ruban et des fils de soie datant de 4 700 ans, daté grâce au carbone 14. D'autres étoffes de soie furent retrouvées à l'époque des Shang (1600-1100 av. J-C), la période des Royaumes combattants (475-221 av. J-C), et des soieries furent retrouvés en 1972 dans des tombeaux aristocratiques de la période Han.

Le travail de la soie se développe tout d'abord dans le Nord de la Chine, au Shandong et au Shanxi, berceau de la dynastie Qin (221-206 av. J-C) où l'on trouve les meilleures espèces capables de produire des cocons de façon régulière et se diffusent dans le reste du pays au fur et à mesure que le territoire de la Chine s'unifie. C'est sous les Han que dans le Jiangsu que l'activité connaît un essor important. Cette activité se concentre dans les campagnes où les paysans l'exercent en complément de l'agriculture. Le tissage du ver à soie est depuis l'antiquité une activité féminine et lié à des rites traditionnels comme la fertilité. Mais sous les Han le travail de la soie se structure avec l'apparition des manufactures comme des établissements publiques comme la fabrique de brocart du Sichuan, provoquant une division des tâches. Sous les Tang sera déployé et encadré la production par la création du Bureau du Tissage et de la Teinturerie qui contrôle l'activité de 25 manufactures publiques. Les soieries sont caractérisées par leur douceur, leur résistance et leur aspect chatoyant faisant de ce produit, un produit de luxe et également un signe extérieur de richesse. A l'origine, avant les Qin et sous les Qin, les vêtements fabriqués en soie soit réservé à l'empereur, à sa famille et aux dignitaires. Son usage se diversifie avec la fabrication d'étoffes, de motifs décoratifs, d'instrument de musique et de papier. La valeur de cette soie sert également de monnaie servant à rétribuer les fonctionnaires ou d'acheter l'alliance de peuplades des steppes comme les Xiongnu, afin de les amadouer et éviter les guerres. A partir du 2e siècle av. J-C les autorités veillent donc à monopoliser les techniques de fabrication, au point qu'une législation est mise en place punissant de mort la possession d'œufs de vers, de cocons et de graines de mûrier. Cela permet à la Chine de conserver l'exclusivité de la production malgré la convoitise qu'elle suscite. De nombreux états tentent de s'emparer ou de découvrir les secrets de fabrications. D'après un récit légendaire, c'est au début du premier siècle de notre ère que commence la première fabrication de soie hors de Chine. Le souverain du royaume Khotan (actuelle Xinjiang) devait épouser une princesse Han, et il aurait convaincu sa future épouse de lui amener clandestinement des œufs de ver à soie. Bien que cela ne soit qu'une légende une chose est toutefois vrai ; c'est bien dans ce royaume que débute la première production de vers à soie à l'extérieur de la Chine, entraînant ainsi sa diffusion progressive vers l'ouest de l'Asie. C'est seulement au 6e siècle que le secret de fabrication du ver à soie devienne connu en occident par des moines nestoriens ayant réussi à ramener illégalement des œufs jusqu'à Constantinople.

Comment se sont mit en place les routes de la soie ?

Il faut attendre le deuxième siècle de notre ère pour que se mettent véritablement en place les axes de communications connus sous le nom « des routes de la soie ». Les routes de la soie qui relient l'Occident et l'Extrême-Orient s'étant sur un réseau de plus de 7 000 km, cependant leur longueur totale est nettement plus importante tant elles se chevauchent et se subdivises en de nombreux axes qui desservent d'innombrables territoires (places, villes, ect). Plusieurs itinéraires partent de Chang'an, la capitale de la Chine et convergent vers les grandes cités chinoises Lanzhou, Chengdu, Luoyang et les grands ports de Fuzhou, Hangzhou, Yangzhou, Canton, ainsi qu'en Mandchourie et en Corée. Cependant, l'essentiel des convois commerciaux emprunte les routes terrestres de la soie : la piste longe le Nord du Tibet et atteint les limites de l'Empire au niveau des oasis de Hami et de Dunhang, où se trouve le principal poste de douane de la Chine fondé au 2e siècle av J-C et par lequel les marchands doivent s'acquitter d'une taxe d'entrée et de sortie. En Chine, les échanges commerciales ne s'effectuent pas de manière archaïque, le commerce est très encadré par l'administration impériale, et les autorités contrôle chaque entrée et sortie des voyageurs et des négociants sur leur territoire. Cela permettait également d'avoir de précieuses informations sur les origines des voyageurs, ce qu'ils transportent, leurs jours d'arrivées et de départ. Tout cela permettait également à l'administration de se renseigner sur les produits vendus et le lieu où ils étaient vendus. Cela permettait également de calculer la taxe imposer aux voyageurs, car celui qui a des produits de plus grande valeur va payer une taxe aux voyageurs qui varie en fonction des marchandises qu'il transporte. En plus de récolter la taxe les postes de douanes permettent également de contrôler que les négociants ne sortent pas en fraude des produits interdit à l'exportation comme des œufs et des cocons de vers à soie. Les marchandises échangées se font souvent par un système de troc, bien que des billets, de la monnaie et des lettres de change existent déjà, comme c'est le cas en Chine. Les oasis et les lacs permettent aux marchands de se réapprovisionner en eau, mais également de se relayer car le trajet permettant de passer de la Chine jusqu'à l'Inde, la Perse, l'Arabie, l'Europe ect est une route très longue et périlleuse à entreprendre. Alors des relais de marchands sont effectués. Les marchands n'effectuent donc pas la totalité des trajets et se relayer d'une ville à l'autre ou d'une oasis à une autre, où sont établi des comptoirs, des colonies et toutes sortes d'infrastructures tout au long du parcours afin d'accueillir les caravanes des marchands. Par exemple, dans la capitale de l'Empire Parthes, en Iran au 1er siècle était aménagé des caravansérails qui étaient un ensemble de bâtiments (dortoirs, écuries, entrepôts, auberges, casernement, le tout entouré par des postes de forteresse et une protection militaire, permettant aux marchands et ceux qui les accompagnent de se reposer et d'être en sécurité. Le cortège des caravanes utilisées par les marchands pour se déplacer et transporter leurs marchandises sont également composé d'autres passagers comme du personnel aidant à la main-d'œuvre, des domestiques, une escorte armée, des guides et des interprètes. Le tout représentait entre 100 et 500 individus. Sur ces routes de la soie se croisent des marchands issus de différents pays indiens, perses, parthes, juifs, grecs, arabes, turcs, ect. Toutefois, la difficulté du trajet pouvait se révéler fatal. Certains cortèges pouvaient souffrir de la chaleur, de la soif avant d'avoir pu rejoindre un point d'escale, ou ils pouvaient aussi être victimes d'attaques de brigands ou de guerriers nomades qui avaient l'ambition de s'emparer des précieuses cargaisons.

Les routes de la soie, des axes de rencontre pour nouer des liens diplomatiques

Malgré les accords entre les Han et les Xiongnu de participer à des échanges commerciaux visant à éviter la guerre, ces derniers continuent leurs raids, et concurrence même la Chine en popularisant un marché spécifique leur permettant de vendre leur surplus de stock avec d'autres peuples de l'Ouest asiatique. Alors l'empereur Wudi (155-87 av. J-C) charge Zhang Qian, un général, diplomate et officier du palais impérial de prendre le commandement de l'expédition en Asie centrale en 138 av. J-C, afin de mieux connaître les routes de l'Ouest et de nouer des alliances militaires et commerciales avec les peuples qui y vivent comme cela sera le cas avec le peuple nomade des Yuezhi du Gansu qui se sont alliés aux Han pour prendre à revers les Xiongnu qui les avaient repoussés jusqu'en Bactriane. Zhang Qian récolte de précieux renseignements sur les royaumes, états, contrés et villes qu'il traverse. Mais il finira par être capturé et retenu prisonnier pendant 12 ans, cependant sa captivité s'accompagnera d'une assez grande autonomie et il épousera même une femme Xiongnu avec qui il aura un fils. Puis en 126 av J-C, il réussira à s'enfuir en profitant du désordre qui régnera à la mort du chef des Xiongnu et il retournera avec sa famille à la capitale de Chang'an pour rapporter à l'empereur de précieuses informations sur l'Asie centrale, les matières premières et les peuples qui y vivent (Parthes, Bactriens, ...), poussant ainsi l'empereur à poursuivre leur politique diplomatique et commerciale. La Chine finie par autoriser l'exportation de la soie hors de ses frontières ce qui était jusqu'à présent proscrit (sauf dans le cadre d'unions matrimoniales). Les routes commerciales à Chang'an permettent à la Chine d'exporter ses produits mais également d'importer des marchandises, ce qui lui a permis d'acquérir, pour 40 pièces de soieries, des chevaux de la vallée du Ferghana surnommé « les chevaux céleste » que l'empereur pu utiliser pour équiper son armée. Au 1er siècle avant notre ère, les Xiongnu sont pacifier par le traité de la pax sinica instauré en Asie centrale. Cette paix va permettre de stimuler les trafics sur les voies commerciales.

Des relations diplomatiques se nouent vers 115 av. J-C une ambassade chinoise est crée à la cour de l'empereur parthe et en 166 une ambassade romaine est introduite à Chang'an. Dans les échanges commerciaux avec la Chine les marchands Parthe jouent un rôle fondamentale car ils sont l'intermédiaire traditionnel entre l'Orient et l'Occident. Ils réorganisent les routes commerciales afin qu'elles convergent vers leur territoire et imposent des taxes sur la soie. Durant le règne d'Auguste à Rome les commande des parures de luxe ont littéralement explosé et les Parthes instaurent une taxe sur la soie rendant le produit de luxe encore plus cher. Pour faire baisser ces coûts les romains décident de créer leurs propres axes de communication, notamment maritime contournant ainsi l'empire Parthe en les mettant directement en contact avec les circuits chinois de la soie. L'essor des route de la soie est assuré par une période de paix garanti par la présence de puissances politiques stables tout au long de son trajet en passant de l'empire romain et Parthe au royaume de Kushuna dans le nord de l'Inde et dans l'Asie centrale où rayonne la Chine des Han. Ces échanges sont bénéfiques pour l'économie chinoise. A Chang'an les échanges s'effectuent exclusivement dans les marchés d'états où les fonctionnaires fixent les prix et collectent les redevances pour le trésor impérial. Les marchands y sont enregistrés et l'état possède le monopole sur certains produits comme le sel. Mais il y a aussi des marchands itinérants non-enregistrés qui profitent du plein essor de ces échanges en nouant des liens avec des responsables officiels leur permettant de commercer le long des routes de la soie. Rome exporte également vers l'Asie du vin, du papyrus, du lin, de l'ambre, du bronze, du verre, ect. Cela permet à des marchés et des cités de s'enrichir considérablement.

La fin brutale du première âge d'or des routes de la soie et son retour sous les Tang

Ce dynamisme d'échange commercial est remis en cause par une série de bouleversements politiques déstabilisant les routes commerciales : la dynastie Han s'effondre en 220 et son empire se fracture en plusieurs royaumes mettant fin à l'unité de l'empire chinois. L'empire Parthe connaît un sort comparable avec les Perses sassanides qui s'empare du territoire des Parthe en 224 et conquièrent le territoire des Kushana en 320. L'empire romain se fragilise par les incursions barbares et se scinde en deux entités ; empire romain d'occident et empire romain d'Orient en 330. Puis au Moyen Âge en 590 une guerre éclate entre l'empire Perse et l'Empire Byzantin jusqu'en 628. les Perses prennent Antioche, Jérusalem et Alexandrie, mais Byzance finit par remporter une série de victoire comme la bataille de Ninive en 627 détruisant l'armée Perse. Néanmoins, ses états sont tous les deux ruinés sur le plan économique et commerciales. Tout cela met fin aux équilibres militaires, diplomatiques et économiques des routes de la soie.

C'est sous la dynastie des Tang (618-908) par le première empereur Gaozu qui va réunifier la Chine et assurer la prospérité des échanges commerciaux avec la participation des califats Omeyyades (puis des abbassides à partir de 750). Ces deux puissants empires vont assumer la stabilité et la prospérité des échanges commerciaux. Les omeyyades ne sont pas uniquement d'excellent guerriers, ce sont aussi d'habiles commerçants permettant un âge d'or pour les négociants, les érudits et les voyageurs. Bagdad, le cœur du califat attire des visiteurs du monde entier par sa richesse intellectuelle et culturelle et également son architecture. Damas, Mossoul, et Samarcandes étaient également des étapes incontournables des routes de la soie. Cet âge d'or des routes de communications et cette ère de stabilité politique se caractérisé par la « pax sinica » et la « pax arabica » (paix chinoise et paix arabe) qui profite des bonnes retombées de ces échanges. Pour l'Empire carolingien en Europe ces échanges sont marginaux, la demande était limitée. Par exemple en Europe, le Pape Hadrien Ier en 755 avait condamné la traite d'esclaves, alors c'est surtout auprès des Vikings que les chinois vont s'approvisionner en esclaves. Toutefois, l'équilibre géopolitique du monde se modifie sans cesse et les empires disparaissent et d'autres émergents. C'est ainsi que la révolte d'An-Lushan (755-763) fragilisera la dynastie Tang qui connaîtra un lent déclin avant de disparaître en 907 plongeant de nouveau la Chine dans une période de division. La dynastie Tang aura été également marqué par une défaite militaire importante en 751 lors la bataille de Talas, mais cela permettra également par la même occasion, une avancée technologique importante qui est la diffusion du papier au 8e siècle. Comme nous avons pu le voir précédemment les échange en matière technologique ou les savoirs faire de fabrications pour les œufs de vers à soie relève de rivalités entre puissances et elles sont souvent réalisés dans la clandestinité, par des alliances matrimoniales comme le roi du Tibet Songtsen Gampo qui profite de son mariage au 7e siècle avec la princesse Wen Cheng pour développer dans son État la culture du vers à soie (comme ce fut le cas du souverain du royaume de Kothan), et qui va également réussir à s'approprier des techniques agricoles modernes. Mais il existe d'autres moyens pour acquérir ces technologies comme la force par le biais de guerre. Les empires bénéficiant de technologies avancées cherchent à conserver leur exclusivité sur les procédés de fabrication comme la soie, le travail des métaux mais également la fabrication du papier en Chine. Cela leur permet de garder la suprématie technologique, qui est un enjeu fondamental de domination politique, économique et militaire. Les autres États n'ont d'autres choix que de se les approprier par la guerre, la ruse, le vol ou la capture d'individus disposants des compétences technologiques. Les esclaves et les prisonniers de guerre constituent alors une source fondamentale de renseignements dans ces domaines. Ce fut par exemple le cas lors de la bataille de Talas qui est une guerre qui s'est déroulé entre 713 et 755 entre la Chine et le califat musulman des Abbassides. Cette guerre fut un désastre pour la Chine dont les armées fut terrassé par la chaleur du désert et sont même trahi par leurs mercenaires qui se rangent aux côtés de leur ennemi. Cette défaite nous apprend par des sources arabes que les prisonniers chinois sont vendus comme esclaves et qu'ils apprennent aux arabes les techniques de fabrication du tissage orfèvrerie et du papier. Des ateliers de fabrication du papier apparaissent à Samarcande, suivi pour l'ouverture d'imprimerie. La ville devient alors le grand centre du livre dans le monde arabe et se propage à Bagdad et à Damas et qui permettent la production de livre bon marché en grande quantité. Cela permet la publication d'ouvrages scientifiques, littéraires, historique, notamment religieux avec la diffusion du coran (puis de la bible) participant à la propagation du monde arabo-musulman à l'époque médiévale. Ce n'est qu'au 11e siècle que les secrets de fabrication du papier son transmit en Espagne et au 14e siècle en France. Ce n'est qu'en 960 que le général Zhao Kuangyin s'empare du pouvoir dans le Nord de l'Empire et s'empare du pouvoir dans le Nord de la Chine en fondant la dynastie des Song, avant d'être évincé par Gengis Khan, le chef mongol qui contrôlera la quasi-totalité des routes de la soie.

L'expansion et l'amplification des religions grâce aux routes de la soie

Durant le règne des Yuan (1271-1368) les religions étrangères (Islam, Christianisme, Lamaïsme, Bouddhisme) qui avaient été interdit voir fortement taxé par les Tang en 845, afin de revenir à des valeurs plus confucianistes, furent de nouveau autorisé sous les Yuan, avant d'être de nouveau interdit sous les Ming en 1368. Ces religions ont pu également se propager et s'amplifier grâce aux routes de la soie. C'est ainsi qu'au premier siècle le bouddhisme se diffuse le long des routes de la soie qui furent des chemins de passages des prêtres bouddhistes parvenant à entrer en Chine, tout d'abord par le Xinjiang avant de s'imposer sur une grande partie du territoire chinois et qui connaîtra un essor spectaculaire en Chine au 3e siècle. Les royaumes des Wei du Nord (368-555), fondé par les Turcs Tuoba adoptent cette religion et encourage la construction de temps et d'immenses sépultures comme les grottes de Dunhuang aménagées en 365. Mais cette conversion fut également politique car comme les moines avaient entrepris des travaux de défrichements, d'irrigations, de canalisations, ils ont su se faire apprécier des populations aussi bien chez les classes modestes que chez les élites. Les turcs étant considérés comme des envahisseurs non-chinois, ils vont y voir l'opportunité de se servir de l'influence des moines bouddhistes pour en faire leurs alliées dans l'objectif d'obtenir l'obéissance du peuple.

Les Polo au service de Kubilai Khan

Au 12e siècle l'empire Mongol de Gengis Khan est à la tête du plus grand empire terrestre de l'histoire de l'humanité. Ils s'emparent des routes de la soie et relance l'activité des échanges commerciales. Les routes de la soie sont dans un premier temps prospère grâce à Gengis Khan et ses descendants qui maintiennent une paix constante dans l'empire. La « ville du Khan » (référence à Pékin) connaît une véritable stabilité intérieure et devient même un grand centre politique et économique vers lequel converge marchands chinois et étrangers. Le trafic des routes de la soie s'entreprend même beaucoup plus facilement car les mongols se montrent très efficace pour assurer la sécurité des voyageurs. Deux membres de la famille des Polo : Niccolo et Matteo, qui sont des vénitiens faisant partie de l'aristocratie et possédant même plusieurs comptoirs commerciaux sont les rares marchands étrangers avec Marco Polo à être rentré en Chine pour travailler pour Kubilai Khan. Au départ, ces deux marchands occupent au sein de la République de Venise une place prépondérante dans les activités commerciale en Europe à l'époque médiévale. En 1253, ils décident de partir en Extrême-Orient afin de trouver de nouveaux comptoirs commerciaux dans l'empire eurasiatique de Gengis Khan (Marco est encore trop jeune pour faire partie du voyage). En 1261, lorsqu'ils arrivent en Asie ils sont approchés par un messager de Kubilai Khan qui les invitent à se rendre à la Cours de l'empereur qui leur propose alors le négoce entre Pékin et l'Europe occidentale en échange d'une centaine de lettrés, de scientifiques et d'artistes occidentaux qui apprendraient aux Mongols les connaissances chrétiennes. Kubilai transmet également une lettre d'amitié au Pape, Clément IV. La chrétienté se montre intéressé par une alliance avec les Yuan car cela lui permettrait de pouvoir stoppé l'expansion musulmane et garantir le succès des croisades. En 1271, les Polo retournent en Asie, accompagné de Marco Polo qui a reçu une éducation aristocratique marchande lui permettant d'accompagner son père Nicolo et son oncle Matteo. Le nouveau Pape Grégoire X qui a remplacé Clément IV n'aura pas réussi à satisfaire la demande de Kubilai et ce dernier n'aidera pas les États latin dans leur guerre contre l'Islam. Toutefois malgré les promesses non tenues du Pape Kubilai fit un bon accueil aux marchands vénitiens et iils espèrentbien les faire entrer à son service pour bénéficier de leurs compétences de marchands expert en affaires commerciales et financières. Cette attitude s'explique par le fait que les Yuan préfèrent utiliser les services des marchands étrangers car ils se méfiaient des madarins chinois. L'hospitalité de Kubilai permet à Marco d'apprendre 4 langues (mongol, Ouïgour, persan, arabe) et de fréquenter la Cour impériale. Dans les provinces chinoises les Polo jouent à la fois les rôles d'inspecteurs et d'observateurs pour l'empereur et les comptent rendus qui sont transmis à l'empereur le satisfait grandement. Les Polo sont aussi mandatés pour transmettre des messages dans des contrés éloignés, sans savoir de quoi il s'agit. Ils vérifient également les comptes de l'administration chargé de collecter les taxes locales sur les marchandises et effectuent même des missions d'escortes pour une princesse étrangère du nom de Kukachim. Mais après 15 ans de service auprès du grand Khan les Polo souhaitent rentrer chez eux en 1291 ce qui leur est accordé par l'empereur et ils regagnent la République de Venise en 1295.

La peste noire, le début du déclin des routes de la soie

Toutefois un événement va bouleverser cet essor économique et commerciale : la peste noire Bubonique. Cette maladie serait, peut-être, née en Mongolie ou en Chine dans la province du Hubei en 1334. Cette maladie ne se transmet pas par le rat comme cela fut longtemps cru mais par les puces qui sont transporté par les rats et transmit à l'humain. Lorsque la puce suce le sang elle transmet des bactéries qui s'attaquent aux ganglions lymphatiques qui provoque la formation d'œdèmes au niveau des aisselles ou de l'aine qui provoque un empoisonnement du reste des organes des personnes infectés. Cette maladie s'est diffusée elle aussi par le biais des routes de la soie par le déplacements militaires et commerciaux. Cette maladie a touché la Chine, la Mongolie, les steppes d'Asie centrale, le Proche-Orient, l'Afrique méridionale et l'Europe. En Europe et en Égypte cette maladie a tué 30 à 40% de la population mondiale. Mais ce n'est pas uniquement cette maladie qui est responsable de la chute des Yuan, à cela s'ajoute le fait que les populations paysannes chinoises vivent dans la misère depuis que les Yuan leur ont confisqué leurs terres, et d'autres calamités comme des inondations du Fleuve Jaune, des sécheresses provoquant des famines ce qui poussera des populations de paysans à se révolter ce qui donnera naissance à des jacqueries (des révoltes paysannes), ce qui provoquera la chute de la dynastie Yuan et favorisera l'émergence de la dynastie Ming (1368-1644), une dynastie qui préférera se replier sur son empire et favoriser l'agriculture. Il y aura toujours des tributs et des échanges commerciaux notamment par des négociants chinois installé sur d'autres territoire comme aux Philippines et à Singapour, ainsi que des expéditions menées par l'explorateur eunuque Zheng He sous le règne de google dans un but uniquement diplomatique et non de conquêtes territoriales. Mais ces échanges seront moins importants et ne seront pas la priorité des empereurs Ming qui préféreront une politique isolationniste. Il faudra attendre l'arrivée de la dynastie Qing (1644) pour que les routes de la soie soient de nouveau ouvertes, les Qing s'en serviront également pour leur politique d'expansion territoriale comme en 1750 par exemple pour consolider ses positions au Turkestan, mais également dans les oasis musulmanes. Elle parvient également à exercer son contrôle sur les mongoles orientaux et fixe avec la Russie les accords délimitant la frontière entre leur pays. Cette réouverture permettra aux étrangers et aux religions comme les missionnaires jésuites et les protestants de pénétrer en Chine, et d'entretenir au départ de bons rapports avec « l'inteligencia » locale permettant d'exporter leur savoir-faire dans le domaine de l'astronomie de l'horlogerie et de la cartographie. Même la religion chrétienne va intégrer des éléments de la culture confucianiste comme le culte des ancêtres. Mais cette entrée étrangère sur le sol chinois va également aboutir à une politique colonialiste marqué par les grandes puissances de s'implanter par la force en Chine pour tirer profit du commerce de ces routes de la soie.

Vers un conflit diplomatique provoquant les traités inégaux et une fermeture de la Chine

Au départ tout allait très bien pour la dynastie Qing qui connaissait une croissance démographique, provoquant une hausse des demandes de l'artisanat permettant de stimuler les échanges commercial et économique. Cependant l'expansion coloniale occidentale, puis japonaise va bouleverser l'équilibre géopolitique et économique avec les traités inégaux. En 1514, une première embrassade portugaise située à Guangzhou établi en quelques années des comptoirs commercial. En 1529, le traité de Saragosse signé entre les espagnols et les portugais accorde les Philippines à l'Espagne. Cela encourage d'autres puissances européennes à constituer leurs propres empires coloniaux. Dans un premier temps la compagnie des Indes Britannique et la compagnie des Indes orientales assurent l'importation de l'argent, de la laine et de bois précieux en Chine en échange d'exportation de thé, de soie et de porcelaine. Mais grâce à leur supériorité technologique les européens vont imposer leur autorité par la force. C'est dans les années 1830 que les relations diplomatiques entre l'Angleterre et la Chine que les relations vont se durcirent au sujet de l'opium importer en Chine par l'Angleterre depuis l'Inde. Cette date va marquer le début des traités inégaux imposés à la Chine. L'Opium est utilisé à l'époque en occident dans la base de certains médicaments comme la morphine permettant d'atténuer les douleurs. Mais en Chine elle est consommée régulièrement par les coolies (paysans chinois dont le travail et pénible et entraîne des douleurs importantes), cela créer une dépendance et provoquent des effets néfastes. De plus cela provoque une véritable fuite de capitaux à l'étranger. En 1839, sous ordre de l'empereur, Lin Zexu ordonne aux revendeurs cantonnais de stopper les importations d'opium et il encercle les établissements d'opium ce qui provoque la colère des britanniques et provoque la première guerre de l'opium (1839-1842), remporté par l'Angleterre. En 1842 le traité de Nankin oblige la Chine à ouvrir les ports de Canton, Xiamen, Fuzhou, Amoi, et Shanghai aux étrangers. La perte de souveraineté de Pékin ne s'arrête pas là, puisqu'en 1898 le traité de Tien-Tsin oblige Pékin à céder d'autres concessions. En 1900, la révolte des Boxers, chinois nationaliste qui se révolte contre les étrangers et leur influence dans le but de retrouver une souveraineté nationale. Ils sont arrêtés en 1901. Ces épisodes ont érodé le pouvoir de la dynastie Qing qui sera contraint d'abdiquer en 1912 au profit de la République.

Ceinture et Route, le nouveau projet de réouverture des routes de la soie

L'occupation étrangère et la guerre du Pacifique avaient conduit la Chine à se replier sur elle-même. Il faudra attendre 1978 pour que Deng Xiaoping permet de nouveau à la Chine de s'ouvrir sur le monde extérieur et de développer de nouveau ses infrastructures comme en 1990, date à l'époque fut évoqué la renaissance des routes de la soie. En 1993 un nouveau projet appelé TRACECA (Transoprt Corrida Europe Caucasus Asia est lancé avec le soutien de l'UE qui vise à contribuer à l'essor des routes de la soie. Depuis son entrée dans l'organisation mondiale du commerce le 1 septembre 2001 la Chine est devenue le centre du monde industriel, ses produits made in china lui on permit une croissance annuelle pouvant atteindre les 10%, ce qui représente des ressources financières gigantesques lui permettant de réaliser des investissements gigantesques sur l'ensemble de la planète et de s'approvisionner dans les matières premières dont elle a besoin : les hydro-carburants. En 2012, lors de son déplacement au Kazakstan le président Xi Jinping développe avec l'accord de 120 pays de nouvelles liaisons maritimes et ferroviaires entre le Chine et le reste du monde. Ce plan vise à faire renaître les nouvelles routes de la soie. Pour ce projet de renaissance Pékin a débloqué 90 milliards de dollars en 2014 auprès de la BAII (banque asiatique d'investissement dont l'UE a inverti 20%), permettant de développer ce projet pharaonique pour les travaux d'infrastructures.

Cependant le projet chinois se heurte à des résistances de la part des États-Unis, de l'UE, de la Russie et du Japon. Chacun cherche à préserver ses positions sur le plan international. En 2018 Donald Trump montre sa volonté de vouloir contrecarrer les plans de la Chine en lui déclarant la guerre commerciale. Pour cela il impose des droits de douanes sur plus de 370 milliards de dollars de produits chinois et il obtient un accord signé le 20 janvier 2020 qui prévoit que la Chine s'engage dans les deux années suivantes à acheter l'équivalent de 200 milliards de marchandises pour 2022. Pour l'UE l'enjeu est d'éviter que ses routes de la soie ne soient pas un intérêt qui ne profiterait qu'à la Chine. Le président Macron a insisté en 2018 sur la réciprocité des échanges entre l'UE et la Chine. De son côté Moscou craint de perdre une partie de sa zone d'influence en Asie Centrale qui pourrait tomber dans la dépendance de Pékin. A cela s'ajoute également l'ambition de Xi Jinping à vouloir récupérer Taïwan, une politique nationaliste territoriale qui semble inquiéter Taïwan d'autant que le budget de l'armée a atteint 156 milliards d'euros en 2018.

© 2020 blog d'histoire et de littérature
Optimisé par Webnode
Créez votre site web gratuitement ! Ce site internet a été réalisé avec Webnode. Créez le votre gratuitement aujourd'hui ! Commencer