Le gène du garde rouge
Bonjour à tous,
Je voulais partager avec vous l'histoire d'un livre que j'ai lu récemment qui s'intitule : « Le gène du garde rouge », écrit par l'auteur Luo Ying (qui est son nom d'écrivain), de son vrai nom est Nuang Nubo. Un homme qui est un écrivain et à la fois un entrepreneur et homme d'affaire, (il sera même inscrit sur la liste Forbes, un magazine qui recense les milliardaires du monde). Cet ouvrage est une œuvre autobiographique qui se présente comme un un mélange entre biographie et poème narratif, dans lequel l'auteur, qui est également le personnage principal du livre, y d'écrit son enfance, sa vie durant la révolution culturelle initié par Mao Zedong en 1966, et une partie de sa vie après la chute de la révolution prolétarienne en 1976. C'est une période dans laquelle l'auteur est à la fois bourreau, complice, mais également une victime des événements et de la violence que traverse le peuple chinois lors de la révolution culturelle. Il nous livre, en tant que ex-révolutionnaire reconverti sont récit, qui se présente comme une confession de ce qu'il a impitoyablement vécu, ressentir et même enduré ; les violences physiques et verbales, les crimes et le vol, ainsi que la manipulation de masse qui ont rythmés son quotidien. Avec toutefois de bons moments à travers des amitiés qu'il a nouées, des gens bienveillants qu'il a rencontré ainsi que des activités par lesquelles il a pu s'évader. L'auteur nous livre le témoignage d'une vie tumultueuse pour laquelle il y ressentira un mélange d'effroi et de fascination mais également de nostalgie et de regret. Des sentiments parfois contradictoires selon les situations, et qui amèneront les lecteurs à revivre indirectement, les événements chaotiques et dévastateurs marquants encore aujourd'hui l'histoire de la Chine et la mémoire des chinois.
Luo Ying commence la rédaction de son histoire entre le 5 octobre 2012 et le 31 juillet 2013, soit 46 ans après l'événement de la révolution culturelle prolétarienne qui date de 1966 et se termine en 1976. Son recueil est divisé en en quatre chapitres :
Chapitre I : Les années de malheurs,
Chapitre II : souvenirs de la révolution culturelle sanglants, absurdes et insoutenables.
Chapitre III : La génération perdue,
Chapitre IV : Nous étions tous des gardes rouges.
Il commence son roman en y décrivant dans le premier chapitre, l'époque où il perd son père, et il nous renseigne sur les membres de sa famille. Il explique se souvenir qu'à trois ans son père, Huang Junfu qui avait été un ancien colonel de l'armée communiste, avait rendu service à la nation en tuant de nombreux soldats du parti nationaliste de Tchang Kai-chek, puis en devenant à l'avènement du Parti communiste, secrétaire du parti. Il fut toutefois ligoté et arrêté au motif d'avoir était un « actif révolutionnaire » et par conséquent, « un ennemi du peuple ». Bien que son père clamât haut et fort son innocence : « Je suis un membre du Parti fidèle au président Mao ! », cette tentative fut vaine. Il meurt au bout de trois mois passé dans un camp, à cause du manque d'hygiène (bien que Martine de Clecq, la traductrice déclare que le père de l'auteur ce serait suicidé). Comme il fut déclaré « ennemi du peuple », il n'eut ni le droit à une stèle commémorative, ni à des funérailles décentes. Il sera enterré dans une fosse commune « comme un chien », dira l'auteur. Son père était comme il le décrit « une âme errante ». Après la mort de Mao, son père sera toutefois blanchi et cette action sera accompagné par « un faible lot de consolation » ; une compensation financière fixé à 3 000 yuans d'indemnité sera reversée à la famille, ainsi qu'un certificat de réhabilitation du camarade Huang Junfu. Une reconnaissance qui est pour l'auteur bien maigre et laisse un goût bien amère en comparaison du père qu'il a perdu.
Luo Yiang parle ensuite de « la boiteuse », qui est sa mère, Yan Xiuying (même mariée les femmes gardent leur nom de jeune fille comme pour les deux Corée). Elle est décrite comme une femme qui devait élever seule ses quatre enfants après la mort de son mari. Comme si ce n'était pas assez difficile elle fut également traitée de paria par le voisinage étant la femme « d'un traître ». Elle fut régulièrement moquée sur son hygiène et son accoutrement. Elle recevait régulièrement des regards de travers au point que cela l'affecta puisque l'auteur dira de sa mère qu'elle avait « toujours la mine triste et accablée de soucis[...] il lui arrivait de craquer, de pleurer, et de se demander pourquoi l'État ne faisait rien pour leur venir en aide ». Elle pleura la mort de son mari, et ses voisins n'auront pour elle que ces paroles : « Bien fait pour toi femme de contre-révolutionnaire ! ». Bien qu'étant analphabète elle souhaitait que ses enfants aillent à l'école. De son côté elle était chargée d'effectuer les tâches ménagères : cuisine, lessive et de travailler aux champs pour bêcher la terre afin de gagner un maigre salaire lui permettant de nourrir ses enfants. Comme si son calvaire n'était pas suffisant elle fut un jour victime d'un éboulement de rempart qui l'ensevelie. Elle survécu mais elle y perdit une jambe qui lui a également valu les moqueries du voisinage. L'auteur décrit sa mère comme une femme n'étant jamais de bonne humeur qui pouvait souvent se mettre en colère contre lui et le frapper. Paradoxalement, ce fut peut-être pour le protéger de châtiments bien pires que d'autres auraient pu lui faire subir, car il arrivait fréquemment à l'auteur étant petit de remporter une bagarre contre le fils d'un voisin. Sans doute que cela pouvait être vu comme une humiliation bien plus grande de la part des voisins ? Car il était le fils d'un traître. Sa mère pouvait également parcourir à pied 5 km pour récupérer le pain que son fils avait volé étant donné qu'il ne mangeait pas suffisamment à sa faim. Cependant, il lui arrivait également de faire preuve de tendresse et de bonté envers son fils en le prenant dans ses bras, ou en lui achetant des gâteaux de haricots (mungo). Elle mourra à 50 ans d'une intoxication au gaz contracté lors d'une garde de nuit. Elle eut le droit à une stèle avec son nom gravé dessus.
L'auteur, que nous appellerons par son nom d'auteur, Luo Ying. Il nous parle ensuite de son grand frère, Huang Yubao. Il garde de très bon souvenir de l'enfance qu'il a passé avec son frère à chanter des chansons révolutionnaires sur de fausses notes, à attraper des sauterelles, des lièvres et des gerboises. C'est d'ailleurs grâce à son frère que l'auteur nourrira un goût pour la littérature. Huang Yubao était apprenti dans la cinématographie et il pouvait ramener chez lui des bandes dessinées. Mais par la suite pour gagner plus d'argent il partit travailler dans le désert de Gobi en qualité d'ouvrier pétrolier. L'auteur décrit son frère comme un homme assez secret n'ayant jamais parlé des souffrances qu'il a enduré.
Luo Ying parle ensuite de sa grande sœur qu'il décrit comme une « langue de vipère ayant un sale caractère ». Mais c'est paradoxalement le fait d'avoir été une harpie qui lui a permis d'être craint des autres à défaut d'être respecté. Elle fut topographe mais à la mort de leur mère elle décida de se consacrer à ses enfants. Peut-être avait telle eut la sensation de ne pas avoir passer suffisamment de temps avec leur mère et elle prit la décision de passer du temps avec ses enfants, prenant conscience que la vie était courte. Luo Ying écrit ne pas avoir eu de bonnes relations avec elle durant leur enfance. Mais lorsqu'il était à l'université sa sœur lui envoyait 30 yuans par mois. Et bien avant son entrée à l'université lorsqu'il était bébé leur mère avait voulu l'abandonner par peur qu'il meurt de faim, mais sa sœur avait fermement tenu son petit frère dans ses bras refusant de la lâcher et implorant leur mère de le garder. Une fois adulte Luo Ying et sa sœur restèrent régulièrement en contact.
Il termine la présentation de sa famille par son second frère, Huang Yudi. L'auteur le décrit comme son adversaire acharné car étant enfant ils se disputèrent régulièrement pour de la nourriture en y venant aux mains. En sortant du lycée son frère devient ouvrier de prospection géologique. Pourtant une fois adultes leur rivalité ne prit pas fin.
Luo Ying fut appelé à la naissance Huang Yuping qui signifie « paix de Jade », pourtant malgré la signification de son prénom il fut considéré comme un « porte-malheur ». Le moins que l'on puisse dire, sans aller jusqu'à la superstition, c'est que son enfance ne fut pas synonyme de bonheur. Il était souvent contraint de voler de la nourriture car il ne mangeait pas à sa faim, à cela s'ajoute les fois où il fut pris la main dans le sac et reçu des raclés sur les fesses. Il lui arrivait également de se gaver de jujube par peur d'avoir faim ou de n'avoir que cela à manger, ce qui lui vaudra d'avoir « l'anus en feu ». Il était également considéré comme le voleur de sa classe en plus d'être le fils d'un contre-révolutionnaire, il n'a jamais pu être autorisé à porter le foulard rouge se qui sera une amertume qu'il gardera toute sa vie. Ses journées étaient marquées par l'humiliation, il volait les épis de maïs, capturait les canards. Luo Ying comparait ses journées à ceux d'un animal sauvage prêt à tout dévorer sans lâcher prise. Il se conduisait également en voyou et en canaille, une condition que les révolutionnaires ne manquaient pas de lui rappeler. Une fois il avait même lancé une brique par le carreau de la maison d'un voisin, ce dernier l'avait attrapé et lui avait roué le visage de coups. Luo Yang avait le visage tuméfié de coups, mais sans doute pour se faire pardonner, le voisin lui donna par la suite des morceaux de sucre candi. Bien que Luo Yang eût été traité comme un être méprisable et un insecte aux yeux de l'État, il ne fut pas exterminé. Luo Yang dira même qu'il ne connaissait pas le dieu de la mort mais qu'il ne côtoie depuis l'enfance, puisque durant sa vie il failli être dévoré par les loups, failli être enterré vivant, et à failli faire une chute fatale en montagne. Il se qualifia de « sauvageons qui devait braver la mort ».
Il devait également subir beaucoup de critiques publiques dans sa jeunesse et s'est beaucoup battu pour se défendre et il était régulièrement persécuté à son école, bien qu'une de ses amies d'enfance, que nous verrons dans le chapitre II, prenait l'habitude de le défendre et qu'il eu la chance d'avoir des amis et d'autres personnes comme des professeurs qui n'ont pas pris en compte les critiques portés à son encontre. Il lui arrivait de sécher les cours afin de se réfugier dans la lecture. Un jour il prit un avertissement dans son dossier scolaire pour mauvaise conduite après qu'une fille de bonne famille le traita de voyou. Pour se venger, il lui versa de l'encre dans son cou. Un autre élève avait insulté sa mère alors Luo Ying lui cassa 3 incisives.
Dans le second chapitre l'auteur nous explique ses souvenirs de la Révolution culturelle qu'il décrit comme « sanglants », « absurde » et « insoutenable ».
L'auteur raconte qu'à 10 ans il devient jeune pionnier et garde rouge du président Mao et nous renseigne sur les exactions que les gardes rouges et lui-même ont commise. Il explique que dans un premier temps le but a été de faire régner l'ordre Révolutionnaire, annoncé à l'appel de Mao Zedong en 1966, ou des milliers de gardes-rouges aussi bien des filles que des garçons ont défilé sur la place Tian'anmen, semant un désordre considérable qui s'est manifesté par des actes de terreurs, des actions d'humiliations publiques visant à stigmatiser ceux engagé dans la voix capitaliste. Luo Yang qualifia cette période « d'extraordinaire » car les gardes rouges voyagèrent à travers toute la Chine pour se battre et trouvaient partout de la nourriture, ainsi que des lieux d'accueil où être hébergé.
Ces exactions ont commencé envers ses professeurs qui ont été contraint de nettoyer les toilettes et d'avouer leurs « crimes » tête baissées. Il fut reproché à leurs professeurs de leur avoir donné trop de devoir, de leur faire apprendre des textes classiques par cœur, de leur avoir interdit de parler, de bouger à leur guise, de les avoir mis au coin et de leur avoir jeté des craies sur la tête. Leur professeur d'éducation physique fut forcé de réciter les citations de Mao sans faire d'erreur. Le directeur de l'établissement accablé de honte par les humiliations, décida de jeter son livre rouge dans la boue avant de se suicider, il fut dès lors accusé de s'être coupé des masses du Parti.
Le petit livre rouge de Mao avait été donné aux gardes de la révolution rouge qu'ils brandissaient avec fierté (ou crainte), beaucoup avaient subi un véritable endoctrinement. Ce livre contenait les citations auxquelles se référaient les partisans de Mao afin d'appliquer ses instructions à la lettre. Le but était « d'écraser la vermine capitaliste ». Ces membres fanatisés se considéraient guidés par la voix révolutionnaire. Ils menèrent leur combat contre les propriétaires fonciers qui furent critiqués et considérés comme des génies malfaisants. Ces propriétaires fonciers étaient également dénoncés sans pitié. Les gardes rouges n'hésitaient pas à pratiquer envers eux des actes de tortures physiques comme « la position de l'avion » qui consistait à tordre les coudes de la victime derrière son dos. Luo Yang dira que les gardes rouges avaient un petit livre rouge dans une main et le fouet dans l'autre avec lesquelles ils étaient prêt à tout détruire, certains étaient même fouetté au sens propre du terme et ceux jusqu'au sang et allant jusqu'à se tordre de douleur. L'objectif était de tout détruire, même les esprits « déviants » et hostiles à la politique de Mao, dont le but était d'instaurer dictature prolétarienne. Les gardes rouge n''hésitant pas pour cela à avoir recours à la violence, l'intimidation, les passages à tabac, les humiliations publiques et les insultes. L'équipe de propagande parcourait les villes pour annoncer cette décision révolutionnaire du 1er juin 1966. Un journal intitulé « Le Quotidien du peuple » avait pour slogan « Balayez tous les génies malfaisants ». Les gardes rouges avaient alors pour mission de « répandre les semences de la révolutions ». Les cheveux des femmes étaient coupés pour manifester la coupure avec la tradition ancienne de la natte. Des paysannes éclatèrent en sanglot car elles étaient contraintes de s'y soumettre. La mère de l'auteur avait refusé de se couper les cheveux, en punition elle eut le crâne rasé et elle fut traînée dans les rues pour servir d'exemple. Luo Ying craignait les actes de désobéissances de sa mère. Il l'avait déjà surprise se lever la nuit pour écouter la radio de Taïwan, une fréquence ennemie et donc interdite. Il craignait d'être dénoncé ou que sa mère soit prise sur le fait par des agents de sécurités lors de leur contrôle surprise à domicile, ce qui aurait pu le conduire ainsi que sa famille à une condamnation à l'exil à la montagne et déportés dans une unité de travail, comme cela été arrivé à un voisin.
En complément du petit livre rouge il existait d'autres façon de manifester son dévouement au grand Timonier (Mao) telle que la danse de la loyauté, qui avait pour objectif « de porter la révolution au plus profond de l'âme ». Cette danse été exécutée dans un cadre à la fois public comme dans les défilés, mais également dans le cercle privé comme au sein des foyers. Les figures de ces danses étaient énergiques et faciles à pratiquer peut importait son sexe, son âge, sa corpulence et même son rang social. Ainsi personne ne pouvait trouver prétexte à se soustraire à cette chorégraphie de propagande qui avait avant tout pour objectif de mettre en avant la personnification du président Mao, plus que l'aspect artistique en lui-même. D'ailleurs, certains échouaient à réaliser cette performance car plus votre allégeance à Mao sera importante et plus vos mouvements seront considérés comme harmonieux, à l'inverse, cela sera considéré comme disgracieux et qualifié « d'offense au grand dirigeant ». La beauté à pratiquer cet art ne relève que de la subjectivité des gardes rouges. A cela s'ajoutait d'autres instruments de propagande tels que l'hymne diffusé tous les matins dans le haut-parleur qui s'intitulait « l'Orient rouge », c'est un autre outil de propagande destiné à glorifier Mao comme le sauveur du peuple. Luo Yang dira qu'il était nostalgique de cette époque où il entendait raisonner le grand haut-parleur. Il ajoutera également « lorsque la guerre fratricide commença il y a eu des affrontements au couteau, mais personnes pour couper les fils électriques du haut-parleur » qui était le vrai instrument responsable de cette guerre civile qui excita les masses. Même l'auteur se contentait juste de nettoyer le haut-parleur tous les matins pour montrer sa loyauté de petit garde rouge au président. Dans ces affrontements fratricides il n'y avait pas uniquement des massacres commis par le service de sécurité public chargé des arrestations et des exécutions des « ennemis de la révolution » ; contre-révolutionnaire, propriétaire fonciers, éléments droitiers (bourgeois)... Il y avait également des exactions et des massacres commis par les gardes rouges à l'encontre des « ennemis de la révolution » mais également des massacres entre les gardes rouges eux même qui formaient des bandes rivales et s'affrontaient lors de règlements de comptes ou d'opérations clandestines. Les gardes rouges ne formaient pas un front commun et unit. Nous verrons plus tard dans ce chapitre des massacres entre les différents chefs de clan à la tête des gardes rouge dont certains seront écrasé par l'armée de libération populaire.
Parmi les autres instruments de propagandes utilisé il y avait également un groupe d'opéra intitulé « Le détachement féminin rouge » produit par Jiang Qing, la femme du président Mao, dont le but était d'éduquer le peuple tout entier. Luo Ying dira même que celui qui a été garde rouge ne pourra de toute sa vie desserrer le poing. Un message fort issu de la propagande de ces opéras. On trouve également le Dazibao, qui était aussi une façon par l'écrit, en traçant des caractères au pinceaux, de pouvoir dénoncer « les ennemis » de cette révolution prolétarienne. Cela fut présenté comme une « grande liberté d'expression », ce n'était en réalité rien d'autre que de la délation arbitraire ou n'importe qui pouvait servir de cibles aux gardes rouges. Encore une fois cette dénonciation laissa place au chaos. Comme le dira Luo Ying « Les masses ont renoncé à la liberté au nom de la dictature prolétarienne ».
La propagande était tellement importante qu'un jour le village où vivait l'auteur, Ningxia, reçu une mangue donnée par le président lui-même, aux habitants en remerciement de la danse de la loyauté qu'ils avaient exécutés. Le fruit à excité l'ardeur révolutionnaire des habitants du village, certains crièrent qu'ils étaient prêts à donner leur vie pour la Révolution Culturelle. Mais ensuite la rue empruntée par la mangue se transformera en un champ de bataille ou résonnera par la suite un hymne funèbre.
Au début de la révolution culturelle en 1967 fut procédé en Chine à la déportation de cinq catégories :
-Les propriétaires fonciers : considérés comme exploitant cruellement les paysans. La propagande révolutionnaire en a fait un archétype en les stigmatisant à l'image de Liu Wenoai, un des plus grands propriétaires fonciers de la Chine.
-les paysans riches,
-les contre-révolutionnaire : Tous ceux opposées aux idées de Mao et à sa politique ou n'étant pas entièrement en phase avec ses idées. Tout argument contestataire était de toute façon qualifié de contre-révolutionnaire et cela pouvait même toucher n'importe qui sur de simples suspicions, ou une phrase déformée.
-les droitiers : Ceux défendant les idées capitalistes ou les bourgeois.
- « Les mauvais éléments », Toutes personne suspectée d'appartenir à l'un des quatre autres catégories précédentes. Cela peut se faire de façon totalement arbitraire.
Le comité central décida que ces catégories socio-politique et leurs familles soient isolés afin de briser toute tentative de révolte. Ils furent donc envoyé en campagne où dans les montagnes pour y subir de douloureuses épreuves par le travail et la rééducation caractérisé par des séances d'autocritiques.
Détruire physiquement les ennemis de la contre-révolution n'était pas suffisant. Il fallait également détruire les « quatre vieilleries » issue de la Chine impériale :
- Les vieilles pensées,
- La vieille culture,
- les vieilles us et coutumes,
- les vieilles habitudes,
Ces quatre principes sont considérés comme étant à l'origine des classes sociales qui ont empoisonnée le peuple. Mais en les détruisant cette société révolutionnaire tendait vers l'uniformisation, par exemple, homme comme femme portaient l'habit militaire, par conséquent toute tentative d'originalité dans les goûts pour les vêtements et le style vestimentaire, qui est également caractéristique d'une identité sociale, était réduit à néant.
Au début de la révolution Luo Yang allait dans les campagnes pour combattre les anciens propriétaires fonciers en les fustigeant et les accablant de fautes. Parmi ces propriétaires fonciers une personne âgé a été roué de coups de pieds dans le ventre alors qu'il était au sol. Le lendemain, les enfants du propriétaires fonciers portaient son cercueil. Un jour dans les toilettes de son école un camarade de Luo Yang appelé Li Jun avait écrit dans les toilettes un slogan « A bas le président Mao », mais dû à son jeune âge et le fait qu'il était issu d'une famille loyale envers le Parti, il ne fut pas jeté en prison. Il fut toutefois puni par la confiscation de son brassard rouge et fut contraint de venir en avance à l'école afin de nettoyer les toilettes, et il dû subir des séances de critiques. Mais Li Jun ne s'arrêta pas là. Un jour il cassa une porcelaine à l'effigie de Mao et il fut cette fois condamné à 4 ans de prison. Au bout de ces 4 années il fut libre, mais il refusa de quitter le prion et il occupera par la suite, au sein de cette même prison, un emploi de jardinier.
Tous les chinois n'étaient pas tous de fervent partisan de Mao, ou adepte de sa vision politique. Certains pouvaient se contenter de feindre allégeance à ce modèle. Mais d'autres n'hésitèrent pas à critiquer le modèle proposé par Mao allant fait preuve d'une certaine dissidence sur la vision politique initié par Mao. Cela fut le cas de Wu Shuzhang et Wu Shusheng qui fondèrent leur propre université autodidacte du communisme. Ils critiquaient la grande révolution culturelle et la terreur rouge en allant jusqu'à annoncer qu'envoyer des étudiants à la montagne où à la campagne n'était qu'un simulacre de rééducation par le travail. Ces critiques leurs ont valu d'être arrêté par le service de sécurité public et d'être fusillé en public. Assister à des exécutions publiques de contre-révolutionnaire été un divertissement très prisé dans la petite ville de l'auteur. Cela était devenu tellement un quotidien rythmant la vie de ses habitants que les populations y avaient pris goût. Le spectacle le plus excitant était de voir fusiller plusieurs personnes en même temps. Luo Ying comme beaucoup d'autres essayaient d'avoir les meilleures places pour la fusillade, certains étaient parfois même déçu qu'il n'y ait qu'un seul condamné. L'auteur nous donne des détails en expliquant qu'il fallait se ternir à bonne distance pour éviter d'être éclaboussé par des bouts de cervelle. Ensuite le torse était piétiné pour être certain que la personne était bien morte. Un jour la poitrine d'une femme se soulevait encore, alors Luo Ying ainsi que d'autres gardes rouges crièrent « Tuez-là ! ». Les cadavres étaient ensuite dépouillés et le corps était laissé exposé parfois en plein soleil. Ces scènes d'exécutions n'étaient pas sans conséquence sur le public, Luo Ying nous raconte l'histoire de Liu, un vieux forgeron atteint de maladie mentale avait été soupçonné par le service de sécurité d'être un agent à la solde des révolutionnaires soviétiques menaçant le régime. Un jour le fils du forgeron voulu éviter que son père aille travailler dans son atelier pour battre le fer, le vieil homme à brandit son marteau en criant « Je vais aplatir ce salaud ! ». Il fut également fusillé. De son arrestation jusqu'à son exécution il n'a cessé de crier « salaud ». Luo Ying fit des cauchemars de l'agonie de cet homme pendant des années.
Luo Ying nous raconte également des histoires déroutantes et insolites comme celle de de Siyi, un homme membre du parti communiste clandestin à la tête d'une armée rebelle s'était retrouvé seul et isolé dans un bâtiment et fut encerclé plusieurs jours par une faction adverse. Comme il refusait de se rendre une balle lui fut logé dans la tête et son cadavre fut traîné dans les rues par ses adversaires en signe de trophée et crièrent « longue vie à nos partisans, mort à nos adversaires !», et les enfants furent invité à lui uriner dessus. Le 30 août 1967, eu lieu « le Siège des préparatifs pour la grande Union ». Deux factions rivales de la banlieue de Yinchuan se livraient une lutte sans merci au fusil et à l'arme blanche, certains jurèrent de ne jamais battre en retraite et tous criaient « Vive le président Mao ! ». Parmi des membres de clan certains mineurs avaient eu pour ambition de faire sauter le pont des gorges de Qingtong. Les cadavres furent ensuite jetés dans le canal Xigan. Les familles des victimes n'osèrent pas se rendre sur place pour récupérer les cadavres alors un vieil homme avec sa charrette proposait de ramener les corps en échange de 2 yuans pour chaque corps rapporté. Le vieil homme à la charrette dira à Luo Yang « Aujourd'hui va être une bonne journée ». Visiblement le malheur des uns fait le bonheur des autres comme dit le proverbe. Pour mettre fin à cette folie l'armée de Libération fut envoyé et les premiers mineurs furent détruit par les obus et les autres ont décampé en hurlant.
Chen Xueru et Liu Qingshan furent également connu pour être deux chefs rebelles. Chen Xueru était un ancien chauffeur routier, puis surveillant de l'ordre public. Un jour il fut pris au piège dans une attaque surprise et il décida de se tirer lui-même une balle dans le ventre en faisant le mort pour tromper ses adversaires. Il fut envoyé à l'hôpital et à son rétablissement il fut nommé président du nouveau Comité révolutionnaire, mais il sera ensuite jeté en prison pour meurtre et attaque armée. Liu Qingshan était un fin tireur de la lutte armée. Il été réputé pour avoir tué beaucoup de ses adversaires et il a même réussi à faire reculer des militaires. Il aimait beaucoup les femmes au point que cela lui vaudra quelques maladies vénériennes. Il fut arrêté et condamné et mourut en prison. Pour certains ce fut un gars bien ayant participé jusqu'au bout à la révolution culturelle prolétarienne.
Certains commirent également des crimes au nom de Mao. Ce fut le cas d'un jeune lycée accusé d'avoir battu à mort un de ses camarades de classe. Il prétendu ne pas avoir tué son camarade par haine mais par loyauté envers Mao. Il avait eu la possibilité d'échapper à la peine de mort en échange de renoncer à ses idéaux, mais le lycéen cria « Un soldat de Mao ne se rend pas. Vive le président Mao ! A bas la clique des conservateurs ». Il fut condamné sur le champ à l'exécution.
Luo Yang subissait aussi régulièrement des persécutions :
Parmi eux il y avait le chef de l'équipe de la classe ouvrière, que l'auteur qualifiait de « vrai satire de l'entrejambe » car cet homme se servait de sa position pour convoquer des filles en entretien pour un tête-à-tête dans son bureau. Cet homme se plaisait à répéter à Luo Ying qu'il devait se résigner à être le fils d'un contre-révolutionnaire. Il voulut même le faire exclure de l'école mais il se ravisa après que Luo Ying récupéra une lettre que cet homme avait rédigé à l'attention d'une lycéenne. Lorsque Luo Yang était au lycée, une femme du nom de Qiu Zhonggeng que l'auteur avait toujours maudit et surnommé « Qiu la rape » car elle était la femme d'un officier qui avait le pouvoir d'envoyer dans un camp de travail n'importe quel professeur. Cette femme jugeait les élèves en bien ou en mal selon leur origines familiales. Comme Luo Ying était fils d'un contre révolutionnaire elle ne l'appréciait pas du tout et l'auteur ce dit chanceux car ceux que cette dame appréciait pouvait entrer dans l'armée sur sa recommandation. Luo Yang à pu en réchapper ce qui lui a permis de de faire fortune. Il y avait également les agents de la sécurité publique qui s'amusait régulièrement a effectuer des contrôles au sein du foyer de Lou Ying car ce dernier avait donné une gifle au fils d'un de ces agents. L'un de ses agents pour se venger a même fait courir le bruit que Luo Ying était un voyeur et un débauché dans le but de l'humilier publiquement, mais Luo Ying n'avait plus peur de l'humiliation depuis bien longtemps. Pour se venger à nouveau Luo Ying décida de lancer sur le colporteur de la rumeur, son pot de chambre rempli d'excrément à la figure.
Toutefois dans cette période chaotique l'auteur connaissait également des moments de joie. Ces moments étaient vécus dans des activités qu'il s'était trouvé comme se fabriquer des armes clandestines pour aller chasser. Il lui arrivait également de faire des mauvais coups comme le jour où il a tiré dans une roue de vélo, ce qui lui a risqué d'être exclu du lycée, mais il s'en est bien tiré et il fut juste contraint de subir des séances d'autocritique et un avertissement. Un jour il força également la serrure de la bibliothèque pour se réfugier dans la lecture, ce qui lui apporta une sensation de rêve et de raffinement lui permettant de s'échapper virtuellement de la barbarie et de retrouver sa dignité d'être humain. Mais il avait également de véritables amis, ou des compagnons d'infortunes, auprès de qui il pouvait trouver un véritable réconfort et qui comme lui faisait partie des survivants de cette époque de malheurs. L'auteur pu également compter sur certains de ses professeurs bienveillants et il put également se venger d'autres personnes qui autrefois l'avait persécuté ou repoussé. Ce qui montre que dans la vie la roue finie toujours par tourner. Cette partie l'auteur le développé dans son troisième chapitre intitulé « La génération perdu », qui sont des camarades de sa génération qui ont survécu à cette purgé révolutionnaire, dans laquelle sa génération était considéré comme de la chair à canon.
Parmi ses amis il y avait Zhang Lin, Liu Shengxin, et Li Hong qui avaient eu tous trois la particularité de ne pas avoir participé à la lutte armée des gardes rouges et de ne pas se faire remarquer et de ne pas chercher de querelle à d'autres personnes en se refusant de rédiger des dazibaos. Cela leur a permis de ne pas avoir été la cible d'autres gardes rouges. Zhang Lin préférait se réfugier dans la lecture et il réussit à survivre et il parvient même à devenir riche et à posséder son propre domaine viticole. Liu Shengxin était de son côté également visionnaire et avait pris conscience que la Révolution culturelle serait catastrophique pour le peuple et que les enragés ferraient leur propre malheur et que les révolutionnaires seraient écrasés. Pour Li Hongyu les choses étaient un peu différentes. Il avait la particularité de connaître tous les secrets de la Révolution, il savait qui avait piégé qui. C'était également un passionné d'histoire qui s'intéressait beaucoup à l'histoire de la dynastie Mandchou des Qing (1644-1911), étant lui-même un mandchou issu de l'ordre de la bannière jaune. Luo Ying engagera Li Hongyu dans sa société en qualité de vice-président du conseil d'administration. Luo Ying dira de lui qu'il a la particularité d'accomplir chaque tâche à la perfection.
Un autre de ses amis du nom de Zhang Binhe réussi également à devenir riche et à survivre à la révolution culturelle, mais contrairement aux trois autres amis de Lou Ying, Zhang Binhe était un vrai bagarreur qui avait toujours le sourire allant avec Luo Ying jusqu'à déchirer les dazibaos et dérober les brassards rouges des autres gardes rouges. Ils se félicitèrent d'ailleurs tous deux d'avoir survécu et de ne pas avoir fini aussi faucher que certains de leurs anciens camarades qui ont survécu mais qui ont perdu leur richesse et leur prestige. Ils sont restés de bons amis se soutenant mutuellement.
Parmi leurs anciens camarades ayant mal tournés, ou n'ayant pas réussi à survivre physiquement ou psychologiquement à la Révolution Culturelle qui a laissé des traces dans les mémoires, l'auteur nous cite plusieurs personnes telles que Li Bing, Naxia, Liu Xiaobao, Ning Han. Li Bing était un homme ayant connu de nombreuses aventures galantes, il aimait se vanter de ses aventures et il aimait courir après les filles. C'était également un excellent orateur au point que Luo Ying était très jaloux de son succès. Mais Li Bong avait quitté l'université pour mener une existence dépravée. Un jour il se maria et décida d'avoir une vie de famille, mais peut-être que cette vie ne lui convenait pas, car un jour il disparut. Naxia, un chinois d'origine musulmane a également disparu de ce monde mais pas de la même façon. Luo Ying n'avait pas fréquenté le même lycée que Naxia mais ils se voyaient régulièrement devant le mur d'affiche des dazibaos. L'auteur disait de lui qu'il avait une calligraphique et une éloquence oratoire exceptionnelles, au point qu'il deviendra un célèbre héro de l'époque des « ouvriers-paysans-soldats », qui réussit les concours universitaires, et se lança dans les affaires en fondant une société. Mais c'était sans doute quelqu'un de très angoissé par son succès car il buvait beaucoup pour tenter de noyer son insomnie. Il succomba ensuite subitement d'une oedemie hépatique sans doute dû à l'alcool. Il eut des funérailles musulmanes en grande pompe. Liu Xiabo était un ami de Luo Ying avec qui il avait fait les quatre cents coups comme de jeter des boulettes en papier dans les fesses des filles ou de combattre ensemble les bandes rivales. Mais en 1978 avec sa femme et Luo Ying ils s'étaient retrouvés sur la place Tien'anmen et Luo Ying ressentait que son ami ressentait une forte amertume en regardant le portrait de Mao. Sans doute il y t'il des blessures qui ne guérissent pas. Ning Han fut sans doute le camarade que Luo Ying a le plus détesté car il le qualifiera de « Vieux voyou et résidu venimeux de la Révolution Culturelle ». L'auteur qualifie Ning Han comme un fils à papa qui aimait s'en prendre au plus faible avec sa bande d'amis. Luo Ying se révélait impuissant à se défendre face à une personne comme lui à cause de la position de son père. Il devient ensuite policier grâce à son père mais ensuite il décide de rejoindre le côté des mafieux avant de vivre au crochet de sa femme et de ses amis. Luo Ying l'avait en horreur et lui souhaite d'aller au diable.
Mais bien que Luo Ying eût Ning en horreur à cause de son attitude il y avait également des personnes bien bienveillantes envers l'auteur, comme ses amies de classes, dont il est tombé amoureux et dont il a gardé contact avec certaines d'entre-elles. Mais cette bienveillance s'étend également au niveau de certains de ses professeurs qui ont d'avantages jugé Luo Ying sur ses compétences que sur les critiques et sa position sociale. L'un de ses professeurs lui offrira même l'occasion de publier ses poèmes, qui lui permettront d'avoir un soutien extérieur lui permettant d'intégrer l'Université de Pékin sur recommandation.
Parmi ses amies bienveillantes dont il tomba amoureux, sont cités ; He Lilli, Qu Ailling, Yang Lan et Tu Yiling.
He Lilli était une amie d'enfance de Luo Ying, ils étaient dans la même classe en 6e et partageaient le même pupitre. Lorsque Luo Ying était stigmatisé par ses autres camarades He Lilli prenait systématiquement sa défense. C'est peut-être une des raisons pour laquelle Luo Ying laissa sa partenaire recopier les réponses lors des examens. A moins que cela ne soit l'inverse ? Il était amoureux d'elle, mais lorsqu'ils furent séparés pour aller à la campagne et qu'il lui envoyait des lettres d'amour, elles restèrent sans réponse. Il aurait été catastrophique qu'une fille de bonne famille épouse un renégat. En réalité, par la suite Luo Ying apprit que c'était le frère de Lilli qui s'était interposé à leur relation. La révolution avait contrarié leur destin. He Lilli s'était marié à un autre garçon ce qui lui avait brisé le cœur. Mais par la suite ils sont restés en contact et se remémorèrent les bons souvenirs et Luo Ying a pris sous son aile le dernier des fils de Lilli. Qu Ailing était la meilleure amie de He Lilli dont l'auteur tomba également amoureux. Mais elle l'avait repoussé à cause de sa condition sociale. Lorsque Luo Ying est devenue riche il a embauché Qu Ailing comme scénariste et réalisatrice des spectacles de sa société, il eut ainsi le loisir de la côtoyer souvent afin de lui reprocher régulièrement de ne pas l'avoir choisi. L'auteur dira que pour lui plus les temps étaient difficiles et insensés et plus il lui était difficile de les oublier. Luo Ying a gardé une profonde amertume de ce rejet. Yang Xiaofang était également une femme envers qui il gardait des regrets. Il n'en était pas amoureux mais il dira d'elle qu'elle était une fille belle et intelligente. Il ne sait pas vraiment ce qu'elle est devenue, il l'avait revue un jour dans la rue. Elle avait visiblement voulu lui parler, mais il est resté distant et quand il repense à cette situation il le regrette et cela l'attriste. Il dit souvent penser à elle. Peut-être que Luo Ying n'avait pas osé l'aimer ou se l'avouer du fait que le père de Yang Xiaofang était très craint et surnommé le « chien teigneux ». Yang Lan était une amie qu'il considérait comme bienveillante et qui fut stigmatisé et sa maison confisquée après que son père fut considéré comme un traître. Toutefois, cette jeune fille ne jugeait pas les autres sur leur richesse. Cependant, Luo Ying n'osait pas aller lui parler du fait qu'il était stigmatisé de voyou et écrira « Je souhaite un jour la revoir pour pouvoir lui parler en tant que le poète Luo Ying et non plus en tant que voyou ». La dernière personne que Luo Ying est aimé dans son enfance fut Tu Yiling qui faisait également partie de son école, bien que son statut fût particulier par rapport à ceux des autres filles de l'école, puisqu'elle était une professeure de mathématique. C'était une personne stricte mais Luo Ying l'aimait car elle se montrait sévère mais juste et plutôt clémente dans les punitions qu'elle devait donner à Luo Ying lorsqu'il agissait mal. L'auteur apprécier lui fournir des livres d'œuvres classiques et dira d'elle qu'il souffrait d'un complexe d'Œdipe. L'auteur garde de bons souvenirs avec elle et lorsqu'il la reverra, elle lui dira qu'elle le savait capable de réussir. Tu Yiling ne fut pas la seule personne du corps enseignant à avoir vue le potentielle de Luo Ying, un autre professeur de littérature et passionné de poésie du nom de Qin Kewen, avait apprécié les poèmes de Luo Ying et avait même publié certains de ses poèmes dans le journal « le Quotidien de Ningxia », un journal qui aidera l'auteur à rentrer à l'Université.
Dans le dernier chapitre : « Nous étions tous des gardes rouges », l'auteur nous dévoile que malgré la chute de Mao et de celle de la bande des Quatre (composé de Quatre proche de Mao dont sa 4e femme Jiang Qing, qui furent accusé d'avoir étaient les responsables du chaos de la révolution culturelle 1966-1976. Ils n'ont régné que quelques mois après la mort de Mao), les années marqués par la Révolution culturelle continuent d'influencer les comportements de la société chinoise comme si rien n'avait changé malgré la mort du dirigeant et de cette époque de révolution prolétarienne dite révolue. Chacun avait gardé ces vieux démons, il faut dire que les habitudes sont tenaces. Même encore après la révolution culturelle les conflits et les bagarres et les méthodes les plus vicieuses possibles pour effecteur des coups bas sont fréquents. Chacun est resté voyou et continuent de se comporter comme des caïds. Pour certains comme Luo Ying, la révolution culturelle leur à forgé le caractère et les chinois sont resté méfiants de tout le monde, comme cela fut le cas de Ge Lei, surnommée la harpie. Dans sa dernière litanie L'auteur nous parle des personnes qu'il a rencontré pendant et après ses études universitaires, dont certains sont restés fidèles et nostalgiques aux idées de Mao créant ainsi des champs de batailles idéologique, d'autres ont gardé leur gène de garde rouge et leur esprit démoniaque né de cette révolution prolétarienne.
En 1977 Luo Ying faisait partie de la dernière promotion étudiante « d'ouvriers, paysans, soldats ». A cette époque il ne se sentait pas à l'aise sur le chemin de la faculté car les ouvriers leurs criaient « A bas les étudiants ouvriers-paysans-soldats ! », des étudiants qui devaient être les futures élites de cette société maoïste. Bien que Mao fût mort la Bande des Quatre avait tenté de poursuivre la voie initiée par Mao de 1966 à 1976, ils ont été très impopulaire. Luo Ying dira pourtant avoir également mené avec ses camarades la lutte contre la Bande des Quatre, mais il dira que pour satisfaire leur besoin de querelle les gens se battaient entre eux et formaient des factions ; pékinois contre provinciaux, civils contre militaires et urbain contre ruraux. Luo Ying comme la majorité des chinois prenaient compte que la révolution culturelle touchait à sa fin et que le rêve des ouvriers, paysans et soldats n'avaient été qu'une chimère. Pourtant personne ne relâchait leur vigilance à l'égard de leurs ennemis et tout le monde continuer de se méfier de tout le monde. Même envers les étrangers nonobstant le fait que même à l'ouverture du pays lors d'échanges d'étudiants étrangers venu en Chine, il y avait cette suspicion des étrangers, comme un ennemi dont il fallait se protéger. Après la chute de la Bande des Quatre, beaucoup ayant collaboré avec eux diront avoir les avoir haïs et qu'ils étaient heureux de pouvoir enfin respirer. Pourtant en parcourant les archives du bâtiment de la Complex Diaoyutai Luo Ying pu s'apercevoir que ceux qui se prétendaient victimes de la Bande des Quatre avaient été à la fois persécutés mais également persécuteurs. Il y avait cette complexité de dissocier ceux ayant agi par loyauté pour leur intérêt personnel, ceux ayant agi à contre- cœur par crainte des représailles ou par foi de voir la révolution culturelle être un succès. Une femme du nom de Ge Lei avait durant la révolution culturelle écrit des lettres d'allégeance à Jiang Qing et avait même été jusqu'à dénoncer son mari. Elle fut pourtant réhabilitée et responsable du budget de la communication extérieure, dont elle se servait des fonds pour financer des cadeaux et les activités des proches des dirigeants, magnant ainsi le pouvoir et l'argent. La révolution culturelle leur a donné un double visage, victime et bénéficiaire, ainsi qu'un double discours et la possibilité de gagner sur les deux tableaux.
D'autres avaient été nostalgique aux idées de Mao, au point que même une fois mort ses idées étaient tellement ancrées dans les esprits. Cela fut le cas au début d'internet avec un site crée en 2003 et intitulé « Le pays de nulle part » qui continuait de véhiculer des idées pro-maoïste comme si cette révolution prolétarienne n'était pas terminée et prônait huit courant de pensées et le retour à la lutte des classes et mettait en avant la nostalgie de la révolution culturelle ainsi que des éloges funèbres en l'honneur de la Bande des Quatre. Ce site fut ensuite fermé en 2012 sur ordre des autorités. Avant l'arrivée de ce site il y avait eu d'autres acteurs comme Zhu Yang (1908-1989), un intellectuel et un critique littéraire chinois, avait dit regretter les persécutions, les politiques extrémistes et sectaires. Ses prises de positions semèrent le trouble et une campagne de « pollution intellectuel » fut entrepris. Cette campagne se solda par un véritable champ de bataille idéologique ou chacun restait sur ses positions et critiquait les avis des autres. Tous essayaient de faire valoir leur point de vu se croyant plus révolutionnaire et plus altruiste que les autres. Certains vouèrent une véritable haine à leurs anciens bourreaux. Ce fut le cas de Zhou Yi, qui avait suscité beaucoup de rancœur pour avoir nui à beaucoup de gens. Il avait été victimes de dazibaos, mais il a pu bénéficier à une mesure de réintégration et il avait pour objectif de nuire de plus belle en déclarant qu'il était l'heure de régler des comptes. Mais avec son vieil âge il dû prendre sa retraite et renoncer à se venger.
Luo Ying reconnu la difficulté de rompre avec l'esprit voyou de cette révolution qui a poussé ceux de sa génération et d'autres à se conduire de façon belliqueuse accompagné d'insultes de provocations et de coups bas. Luo Ying en a fait les frais lorsqu'il était directeur adjoint dans une maison d'édition de livre. Au sein de sa maison d'édition des collègues de travail comme Zhu Bong, l'éditeur, Liu Qianxing, le responsable des ventes de livres, et Wu Shimin, et Wang Li n'ont pas hésité à lui faire des intimidations, des menaces et de chercher à lui détruire sa carrière car Luo Ying les a empêchés de s'enrichir sur les bénéfices de la maison d'édition pour laquelle ils travaillaient. Liu Bing dans les années 1990 de livrait à des trafics de numéros de publication, ce que firent certains éditeurs pour s'enrichir et ceux au détriment de la qualité du livre. Liu Bing disposait même prêt à menacer verbalement et physiquement tous ceux qui tenterait de s'opposer à lui. Craignant que Luo Ying ne lui met des bâtons dans les roues pour l'empêcher de faire fortune, il décida de le menacer, de son côté Luo Ying décida de le licencier et fit le choix de ne publier que des bons livres. Pour se venger Liu Bing eu recours à la délation mais il ne réussit pas à obtenir gain de cause. Liu Qianxing avait également menacé Luo Ying en lui disant de rester à sa place et de ne pas mettre le nez dans ses affaires. Lorsque Luo Ying s'aperçut qu'il avait détourné de l'argent, il le licencia également. Wu Shiming, surnommé « Le vieux renard » siégea au Comité du Parti de la maison d'édition. Cet homme avait essayé de se ranger du côté des personnes que Luo Ying voulait licencier en dénonçant la façon dont Lou Ying traitait les employés en appuyant sur le fait que cela n'était pas conforme au règlement administratif ainsi que les nombreuses plaintes qui avait été fait envers lui. Luo Ying fut alors désavoué par l'administration. Ces comportements étaient une nouvelle façon de tuer quelqu'un sans tirer une balle, mais tout simplement en nuisant à sa carrière professionnelle. Toutefois Lou Ying étant un ancien garde rouge ne se laissait pas abattre. Il avait rassemblé des preuves de la mauvaise conduite du nouveau directeur de la maison d'édition du nom de Wang Li. Ce dernier avait traité le ministre d'imbécile et d'incompétent et ceux en pleine réunion et également des preuves de sa mauvaise conduite qui se traduisait par des écrits à travers de nombreux article servant la propagande de Zhang Chunqiao, un membre de la Bande des Quatre. Luo Ying réussi alors à contrarier le désir de certains de vouloir s'enrichir sur le dos de la maison d'édition et au tribunal le juge avait rendu selon le code de la procédure administrative, un verdict en sa faveur.
En conclusion de son ouvrage l'auteur Luo Yin émit une critique en dénonçant la Révolution Culturelle comme un modèle sociale ayant fait perdre à la nation chinoise le sens de la honte et des valeurs morales et encouragea la décadence. Cette révolution culturelle a donné naissance à un esprit voyou et à des attitudes de canailles. Cette période fut une véritable descente aux enfers dont personne n'est sortie indemne. Il va également plus loin en dénonçant le fait que même aujourd'hui la nation chinoise n'a pas purgé son histoire, ce qui aurait été de rendre à la nation le respect de soi et des autres. Il dénonce également le fait que les chinois préféraient feindre oublier cette partie de leur histoire sous prétexte de ne pas vouloir rouvrir cette plaît pour leur permettre d'aller de l'avant. Pour Luo Ying cela constitue un problème car en refusant de prendre conscience du crime, c'est prendre le risque de ne pas prendre en compte les erreurs du passé et de risquer de les oublier et de les voir de nouveau surgir dans le futur.